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Le tour du Guatemala côte ouest : et si c’était à refaire ?
Nous irions sans hésiter visiter : l’antique citée d’Antigua, le village de San Pedro au bord du lac Atitlan, San Francisco en Alto au lever du jour quand les rues noyées dans le brouillard cachent leurs vendeurs de fruits, de viande ou de vêtements de contrefaçons, Momostenango pour la balade dans la montagne que cela implique, Zunil rien que pour le lodge.
Nous logerions à nouveau aux Cumbres à Zunil, au San Pedro a Antigua, au Capri juste à côté de la gare de bus Litegua de Guatemala City, mais surement pas à la Casa Argentina de Quetzaltenango.
Nous mangerions à nouveau en face de l’hotel Capri, chez la mama nicaraguaienne. Au Cumbres aussi, mais pour le reste nous débusquerions une gargotte au milieu du marché aussi souvent que possible.
Nous gravirions à nouveau les volcans San Pedro pour la vue, Santiaguito pour le spectacle et Pacaya pour les chamallows. Nous dévalerions à nouveau les tyroliennes de la Finca Vuelo Extremo. Nous consacrerions peut-être une journée à nous amuser dans un parc d’attraction local sûrement très bien. Nous visiterions une plantation de café lors de la récolte, mais nous serions alors entre novembre et février.
En revanche nous n’irions pas au bord du Pacifique préférant consacrer plus de temps aux hautes terres et notamment, nous irions à Todos Santos. Nous ne visiterions pas non plus le Paseo de los Museos, sans aucun interêt, à Antigua.
Pour finir, nous n’irions pas visiter les musées de la capitale, pourtant très attractifs, un lundi… Jour de fermeture !
Pacaya : la sortie groupée.
Désormais à pied, nous avons réservé des places dans un taxi collectif pour aller gravir le volcan Pacaya non loin d’Antigua.
6h, nous embarquons dans un shuttle avec un couple de canadien, trois mexicains et une famille guatémaltèque.
6h04, Keliane inonde, lors d’un changement de couche express mais mouvementé(merci les rues pavées), la banquette arrière du mini-van. Dans l’agitation, nous perdons une de ses chaussette, c’est ballot pour randonner par moins de 15°. C’est un premier change loupé mais ce n’est qu’un commencement. A mi-parcours, lors d’un discours complet mais longuet du guide José, elle fera à nouveau abondamment sur la jambe de son papa adoré mais, du coup, mouillé!
7h30, point de pleurs ni de cris, fini les trop tôt ou trop tard, trop chaud ou trop froid, trop haut(le volcan) ou trop bas(le départ), trop faim ou trop mal au ventre. Place à la montée laborieuse, silencieuse, en tête de groupe mais sans le distancer… Nos grands sont comme transformés par la présence étrangère : le groupe.
9h30, nous sommes au sommet de notre ascension. Au milieu d’une coulée, le chemin est barré pour raison de sécurité. José le guide sort de son sac quelques chamallows à faire griller sur la lave à nos
pieds. Le paysage est lunaire, il n’y a que lave et fumerolles à la ronde. Les chamallows sont excellents.
10h30, de Mamie et Keli’, qui l’emportera ? À la montée, les deux avaient capitulées à la descente rien n’est joué… Le match est serré mais Keli’, en grande princesse qu’elle est, laisse sont aînée la distancer à quelques mètres de l’arrivée, lors d’un dernier arrêt « découverte de la flore ».
Car les volcans, la lave, les paysages incroyables et les chamallows grillés, la choupinette, elle s’en moque. Ce qui l’intéresse elle, c’est les chiens(en nombre), les chevaux(qui nous accompagnent pour essayer de nous vendre un service de taxi pour monter) et les fleurs… Ah, les fleurs !
Antigua : la fin d’un monde.
Débarqués à Saint-Domingue, les découvreurs du nouveau monde ont bientôt colonisé Cuba, le Mexique, l’Amérique Centrale puis l’Amérique du Sud… Et c’est à Antigua Guatemala qu’ils avaient établi le commandement général de ce vaste pillage, de ce carnage culturel. Plusieurs siècles et quelques séismes plus tard, la ville nous apparaît bien plus propre et policée que par le passé.
Caméras de surveillance et QG vigilant, policiers armés et connectés à chaque angle de rue, commando d’intervention dépêché au moindre écart de conduite. L’ex-capitale n’a plus grand chose de Guatémaltèque, sauf peut-être les mayas, laissés pour compte dans leur propre pays. Ils sont ici réduits à commercer sous le poncho quelques articles artisanaux, à des prix incroyablement bas, pour échapper aux salaires illégaux qu’on leur offre dans les plantations de sucre ou de café alentours. Bien évidemment, le Quetzal national n’a plus cours ici, le dollars est roi.
Lors des nombreux tremblements de terre les églises se sont presque toutes effondrées, mais la domination espagnole, elle, n’a pas vacillée!
Il existe cependant a Antigua de magnifiques endroits pour visiter, découvrir, photographier, loger ou manger. Nous y passons donc 4 jours très agréables, dans un château que nous partageons avec son avenant personnel et c’est tout, bien mieux qu’a la maison!
AutoSafari Chapin
Pas de surf aujourd’hui, tant pis, nous poursuivons jusqu’à l’AutoSafari Chapin encore un peu plus au sud.
Perception des tickets, photos des perroquets de l’entrée, Keliane prend le volant pour nous driver à travers les divers enclos. À mi-parc papa a déjà vidé la batterie de son appareil photo! C’est pourtant pas à Sicapate qu’il a eu matière à l’épuiser.
Arrivé chez le roi des animaux, notre princesse ouvre sa portière et fait mine de descendre… Un peu paniquée, Silvia stoppe le véhicule, juste le temps de récupérer sa gamine et de mettre les gaz en direction de la sortie… Tout ce cirque a quelque peu perturbé notre, désormais unique, safari-reporter Eliott. Pour les photos des lions, il nous faudra donc repasser!
Sipacate : El Pacifico!
Baigner les fesses de la princesse dans les eaux chaudes du Pacifique, nous en avions rêvé.
Mais arrivés à Sicapate, seuls papa et maman oseront s’aventurer au dehors de l’abri douillet de notre petite Kia Picanto. Sous une paillote ventée, papa prendra ses deux clichés et rentrera trempé.
La mer est démontée, le vent et la pluie battante rendent tout session de surf illusoire. Nous quittons la côte du Pacifique sans même avoir effleuré du pied le sable noir de ses plages volcaniques.
Finca Vuelo Extremo
Pour commencer la journée, rien de tel qu’une petite visite d’exploitation. Il s’agit ce matin d’une plantation de café installée sur les flancs du volcan Santa Maria. Silvia et Keliane restent sur le plancher des vaches, grimpent avec nous en haut des champs de caféiers et redescendent en marchant accompagnées d’un guide armé… Car on ne sait jamais ce qu’il peut arriver dans cette contrée maya peuplée de pumas, de jaguars, de boas et de nombreux jeunes désœuvrés, trafiquants de drogues et autres truands.
Les garçons ont opté pour la voie des airs via 11 tyroliennes tendues de part et d’autre de la combe couverte de plants de café, pour glisser vers le Pacifique en contrebas. À plus de 50m au dessus de la canopé, ils dévalent les pentes du volcan, enjambent les cascades et rejoignent les filles ravies elles aussi par leur balade accompagnée.
Zunil : Las Cumbres
Suite immense avec jacuzzy et cheminée agrémentée d’une superbe vue sur la vallée fumante. Restaurant hors « normes guatémaltèques », saunas, massages, billard, salle de gym et court de squash, l’hôtel du jour est construit sur des sources chaudes. Charmé par l’accueil et la prestation nous jetons notre sac ici pour une nuit très relaxante… Nos mollets nous disent merci, notre portefeuille aussi : 94 euros avec sport, massages, repas du soir arrosé d’un excellent vin chilien et petit déjeuner !
Vive le Guatemala !
Santa Maria, l’éruption !
Les muscles encore endoloris par notre récente course d’escalier, nous attaquons cette balade avec une certaine appréhension.
Kicco fait lui preuve d’une appréhension certaine!
Mais cette fois-ci, le chemin ne monte pas en ligne droite vers le sommet 1600m plus haut. Nous profitons d’une belle balade dans une forêt d’altitude assez proche de celles des Pyrénées. Chênes, chardons, mûres, eucalyptus… Seuls les champs de maïs plantés sur des pentes impossibles et les jeunes mayas de 6 ou 7 ans qui travaillent déjà au champs malgré l’heure particulièrement matinale, nous rappèlent notre position géographique.
Le froid et l’humidité sont spécialement virulent à cette altitude, nous n’y sommes plus habitués, l’effort est difficile. Le guide, sur nos talons, nous presse d’accélérer le pas. À peine sept heure du matin et les nuages menacent déjà de nous gâcher le spectacle et la vue.
4h après notre lever, 2h30 après notre début d’ascension nocturne, nous accédons enfin au belvédère duquel nous pouvons admirer une première éruption. Toutes les 20 minutes, un nuage de cendre projeté en l’air, s’élève dans les cieux avant de dériver avec le vent : c’est fascinant !
San Francisco en Alto
41100 habitants à 2582m d’altitude, le soleil n’est pas encore levé sur le marché. Le brouillard s’infiltre jusque dans les moindres recoins de cette bourgade escarpée. Quelques étales de fruits, des mûres, des fraises, des tomates ou des patates, mettent en valeurs les habits sombres des vendeuses, une jupe longue, un tablier brodé, un chemisier bouffant et ajouré recouvert d’une couverture aux couleurs chatoyantes ou moins marquées.
Nous croisons des commerçants charriant leur lourdes étales à dos d’homme, les femmes portent sur leur têtes leurs marchandises, dans d’énormes ballots.
Les premiers rayons du soleil apparaissent et dissipent rapidement le voile de brume qui recouvrait jusqu’ici le village. La vue à 360 degrés est époustouflante, nous dominons les volcans, les plaines herbeuses et les nuages.
